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Point de campagne :

Le ministère de la Fonction publique reconnaît la perte de pouvoir d’achat des agents !

L’évolution du pouvoir d’achat dépend des revenus et des prix : si les prix augmentent alors que les revenus restent stables, le pouvoir d’achat baisse. En revanche, si la hausse des revenus est supérieure à celle des prix, le pouvoir d’achat augmente. Or, force est de constater que depuis quelques années, c’est le premier cas de figure qui s’applique.

Le ministère de la Fonction publique a publié récemment les résultats d’une étude qui a fait ressortir que près d’un agent de l’État sur quatre, parmi ceux présents à temps complet toute l’année en 2001 et toujours en poste en 2005, a perdu du pouvoir d’achat sur cette période. 10 % des agents ont enregistré au mieux 3 % de hausse de salaire brut sur cette période, soit une perte de pouvoir d’achat de quelque 4,3 %.

Sur la base de ce constat, les méninges gouvernementales ont commencé à chauffer pour tenter de trouver LA solution qui corrigerait cette situation, sans avoir recours à une augmentation générale. Ainsi est née la garantie individuelle du pouvoir d’achat (GIPA) : un fonctionnaire qui a eu 200 euros de salaire en plus sur quatre ans, alors que 250 euros auraient été nécessaires au maintien de son pouvoir d’achat, se verra verser une bonification indiciaire de 50 euros pour compenser la perte. Seules les augmentations générales et les promotions sont prises en compte dans le calcul de l’évolution salariale, les primes et heures supplémentaires étant considérées comme des compléments de rémunération.

Si la méthode peut sembler pertinente, elle ne doit en aucun cas biaiser l'évolution de la valeur du point d'indice qui concerne tous les agents et qui ne doit en aucun cas devenir un élément marginal servant à déterminer les traitements. N’oublions pas que le gouvernement a estimé lui-même que ce dispositif de garantie individuelle du pouvoir d’achat ne toucherait, pour l’application de la première tranche -période 2003/2007- que quelque 17 % d’agents de la FPE. Mais surtout, le gouvernement tend à mettre en avant cette mesure pour effacer le litige de la perte de pouvoir d'achat des dernières années, ce qui est inadmissible.

Si pour le gouvernement, une mesure d’augmentation générale de la valeur du point d’indice n’est pas le correctif adapté à la situation des fonctionnaires qui ont perdu du pouvoir d’achat, a fortiori pour un rattrapage de la perte des dorénavant célèbres 6 à 7 % depuis l’année 2000, le saupoudrage au cas par cas imaginé par les pouvoirs publics ne saurait l’être davantage. En effet, la période de référence de quatre années qui a été fixée limitera forcément le nombre de fonctionnaires qui n’auront eu aucune promotion ni aucun avancement de grade ou d’échelon au cours de cette période. Autrement dit, il faudra subir durant quatre années des pertes de pouvoir d’achat, pour obtenir ce complément financier dont le montant couvrira exactement l’écart entre l’évolution du traitement et celle de l’inflation sur la période de référence. Autrement dit aussi, s’agissant d’une prime, aucune incidence sur le traitement de base qui demeurera en l’état, ni sur les droits à pension principale (une prime étant uniquement prise en compte au titre de la retraite additionnelle).

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